Au cimetière des doctrines

Mémoire, critique et mise en perspective

Architecture - ville

2017

 Dans les hauteurs de Belleville, aux alentours du métro place des Fêtes, la brutalité de la rénovation urbaine des Trente Glorieuses s’impose à nos yeux avant que l’on puisse juger ce qu’elle a produit de qualités ou de défauts. Pour d’autres raisons, les objets de la génération suivante, issus du réaménagement des années 90, produisent le même effet. Ils témoignent d’une tentative de réinvestissement symbolique de l’espace hérité des modernes avec l’imaginaire d’une époque imprégnée de retour à la ville. Il est difficile de s’en abstraire pour juger de leur effet. Sans doute en sera-t-il de même avec ce que produit notre époque ?
    C’est sans doute pour ces « défauts apparents » que j’ai choisi de travailler sur des espaces qui coexistent sous la désignation commode, parce que floue, de « place des Fêtes ». Pour cette étude, je laisserai donc de côté le lexique de l’aménageur : la « rénovation urbaine du secteur place des Fêtes » décidée en 1958, le « réaménagement de la place des Fêtes » du concours de 1991, et le « réaménagement participatif de la place des Fêtes et de ses abords » qui prend place actuellement, et je commencerai par décrire cet endroit.
    Cette description emprunte une piste : « la rue des Possibles », une rue prétexte, imaginaire, qui traverse une portion d’espace sélectionnée pour ses contrastes et ses potentiels. Cette piste permet d’arpenter une réalité où l’on trouve des objets d’époque et de nature parfois inconciliables, des espaces aux ambiances contrastées.